Dernier exemple en date, le journal d’opposition Novaïa Gazeta a fait mardi état de problèmes financiers en raison d’une vaste inspection de contrôle financier à la Banque national de réserve, établissement appartenant au milliardaire Alexandre Lebedev, un de ses principaux actionnaires.
« Les autorités utilisent la force pour qu’on change la politique rédactionnelle, mais ils comprennent mal la psychologie de nos journalistes », a déclaré mercredi à l’AFP le rédacteur en chef de la publication Dmitri Mouratov.
Malgré l’incapacité du journal à payer les salaires, il a promis que le journal pour lequel avait travaillé la journaliste Anna Politkovskaïa, assassinée en 2006, continuera de paraître.
« On a connu pire, ce n’est pas comme ça qu’ils peuvent nous intimider », a souligné M. Mouratov.
Selon lui, les ennuis de Novaïa Gazeta « s’inscrivent dans la tendance générale » de pressions contre les médias indépendants à l’approche de la présidentielle.
La semaine dernière, la radio Echo de Moscou a dénoncé l’éviction de journalistes de son conseil d’administration par le géant semi-public Gazprom, son principal actionnaire.
La télévision privée Dojd, elle aussi en pointe dans la couverture des manifestations d’opposition — en grande partie ignorées par les médias officiels — a elle aussi annoncé vendredi faire l’objet d’une enquête sur ses sources de financement.

Le Premier ministre russe Vladimir Poutine, le 21 février 2012 lors d'une visite en Sibérie Alexey Druzhinin afp.com
Un talk-show politique sur la chaîne musicale MTV a été subitement fermé ce mois-ci au motif de « mauvais résultats » d’audience après l’enregistrement d’une émission avec Alexeï Navalny, une des bêtes noires du régime.
Nationaliste et pourfendeur de la corruption, cet opposant de plus en plus populaire est banni des chaînes nationales, malgré la relative ouverture de l’antenne à des leaders de la contestation qui a suivi les premières grandes manifestations de décembre. (…)
Source : 20 minutes














